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Histoire générale des origines au XIIIe siècle

Badoux E. & Déglon R. (1958). Histoire générale des origines au XIIIe siècle. Lausanne: Payot.

Ce premier volume de la collection s’attache à l’étude de l’antiquité et du moyen âge jusqu’en 1314. Cependant, il ne traite pas de la «Naissance de la Confédération» qui est placée au début du deuxième volume de la collection.
L’histoire politique et événementielle est complétée par des faits de civilisation concernant les trois principales civilisation étudiées : Grèce (ex.: L’éducation athénienne), Rome (ex.: La vie privée dans la grande République) et le Moyen Âge occidental (ex. : La renaissance des villes).
Moins conséquentes et comprenant également des faits de civilisation, deux premières parties ouvrent l’ouvrage relativement à la Préhistoire et à l’Histoire de l’Orient ancien (Egypte, Mésopotamie, Phéniciens, Hébreux, Inde, Chine). Ces deux parties recèlent deux grandes nouveautés. Premièrement, l’histoire profane et l’histoire sacrée se rejoignent désormais avec l’intégration dans l’histoire générale de l’histoire des Hébreux et du christianisme. Deuxièmement, une timide ouverture est faite à l’égard de l’histoire non occidentale avec quatre pages sur l’Inde et deux pages sur la Chine.

Au niveau de son organisation formelle et en complément aux éléments communs aux trois manuels de la collection, le texte principal «qui doit être compris et assimilé» (Préface : 3), est complété par

  • une numérotation, démarrant avec le chiffre 1 et s’achevant au chiffre 275 pour un manuel de 288 pages, accompagne les titres des souschapitres;
  • des alinéas en petits caractères apportant des précisions supplémentaires et qui sont à lire;
  • des lectures identifiées comme telles avec un titre souligné en majuscules; il s’agit pour l’essentiel de textes d’historiens ou paléontologues adaptés comme celui de LeroiGourhan pour le paléolithique (p. 11), d’écrivains comme celui de Chateaubriand relativement à l’aspect des guerriers francs (p. 210) ou d’extraits de sources adaptés comme la satire des métiers (p. 27);
  • des notes en bas de page;
  • parfois des questions sont insérés à la fin d’un point dans le corps du texte; elles sont identifiées avec un titre en italique et en majuscules. (Ex. : QUESTIONS. 1. Quel trait de la vieille tradition germanique rappelle le passage du Coran promettant le paradis aux héros ? à la page 220);
  • chaque chapitre est conclu par un résumé;
  • trois rubans chronologiques sont intégrés lors de la présentation de la préhistoire (notions générales, p. 5), de Rome (quatrième partie, p. 121)) et du Moyen Âge (cinquième partie, p. 205);
  • en fin de chapitre, une date essentielle, voire deux —et donc à retenir—, peut figurer après le résumé sous forme de cartouche;
  • un lexique historique figure avant la table des matières finale.

A cet ensemble d’éléments, il faut associer à une typographie en gros caractères, une organisation aérée des pages et une abondance d’illustrations qui traduisent la volonté des auteurs ainsi que du directeur de collection d’offrir un manuel adapté à de jeunes élèves. La Préface de Georges Panchaud ne manque pas de le souligner :

«Tâche d’autant plus difficile que cet ouvrage s’adresse à des enfants peu aptes encore aux vues synthétiques.[…]
Nous avons adopté pour ce premier volume un grand format et de gros caractères qui conviennent aux jeunes enfants.[…]»
[Panchaud 1957a :3.]

Mais cet agencement poursuit aussi des objectifs pédagogiques et didactiques, car il formalise également la démarche que le professeur d’histoire doit adopter dans son cours en utilisant le manuel :

«L’exposé est divisé en paragraphes qui constituent chacun une unité. A côté du texte principal qui doit être compris et assimilé, les alinéas en petits caractères apportent des précisions supplémentaires qui feront l’objet d’une simple lecture expliquée.[…]
Les lectures, questions, cartes et tableaux apportent une touche pittoresque ou incitent l’enfant à la réflexion. Les résumés en fin de chapitre l’aideront à discerner et à mémoriser les grandes lignes des événements. Des cartouches encadrent les dates que nous jugeons indispensables de retenir.»
[Panchaud 1957a : 34.]

Désormais, l’élève et l’enseignant sont pris par la main. Les temps ont changé depuis la précédent collection où si les auteurs s’étaient «efforcés d’employer une langue simple et de présenter les événements d’un façon qui soit compréhensible à des enfants», ils avaient «renoncés» aux «Lectures» en indiquant seulement en fin de chapitre des ouvrages «où les maîtres pourront trouver les textes qui leur permettront d’illustrer leurs leçons.» [Gilliard 1938 : 56.]
La réforme scolaire de 1958 a ouvert plus largement ses portes aux élèves issus de la classe moyenne et désormais les maîtres secondaires auront à se former auprès du Séminaire pédagogique de l’enseignement secondaire (SPES). Père du nouvel institut de formation et impliqué dans la réforme du secondaire, Georges Panchaud ne peut l’oublier et fait entrer la pédagogie jusqu’au sein des manuels d’histoire. Indirectement, il s’en justifiera en digne prédécesseur des «pédagogistes» d’aujourd’hui. [Panchaud 1983]

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