Polémique autour du nouveau programme d’histoire québecois
3 mai 2006
Ceci dans une province québecoise fort chatouilleuse relativement à son histoire et ses rapports avec le Canada anglophone.
Visiblement la voie de la pacification des rapports identitaires entre le Canada anglophone et le Québec (quel part?) n’est pas encore effective. Elle se double des enjeux liés aux réformes en cours. En effet, les opposants à la réforme trouvent également, à partir de quelques éléments liés aux sujets à traiter, de quoi disqualifier l’ensemble du programme d’histoire et donc par ricochet de la réforme.
Enfin, le fonctionnement des médias est certainement en cause. En effet, ceux-ci préfèrent une bonne polémique à une observation et à une remise en perspective de l’ensemble du nouveau programme d’histoire. Pour un tour de la question intiale, lire le billet suivant à partir duquel vous pourrez rebondir : Histoire à dormir debout | Mario tout de go
Par ailleurs, le débat continue notamment au travers d’opinion dans le journal Le Devoir. A ce sujet, on consultera – les réactions et les opinions de Jocelyn Letourneau, piégé dans un premier temps par le journaliste du journal Le Devoir et qui poursuit notamment en indiquant :
A la lumière de [mes] recherches, je constate en effet que la vision de l’histoire du Québec qui perdure dans l’imaginaire des jeunes Québécois est prise dans un certain nombre de mythistoires constitutifs de notre identité collective. Amener les élèves à prendre conscience de ces mythistoires, à les critiquer aussi et à découvrir leur limite comme cadre de compréhension du passé, est un objectif auquel je souscris certainement car il respecte les principes de la démarche historienne, laquelle est tout le contraire d’un exercice de rectitude politique. Rappelons ce qui est lapalissade : on ne peut pas faire ce qu’on veut avec la matière du passé…
Un autre historien-didacticien est intervenu également dans le débat : Christian Laville toujours dans Le Devoir, son opinion s’intitule « Un cours d’histoire pour notre époque ».
On y lit notamment :
Le principal reproche adressé au projet de programme — dont on n’a d’ailleurs considéré que la première moitié — est qu’il n’énumère pas un certain nombre de faits historiques, qui, soit dit en passant, sont les faits marquants sur lesquels la tradition fait reposer la question nationale. Mais ce qu’on oublie de dire, c’est que le projet de programme n’est pas un programme-catalogue. Ce n’est pas, comme les programmes d’avant la Révolution tranquille, une sorte de longue table des matières très détaillée. De fait, l’essentiel des faits envisagés se trouve dans cinq doubles pages, très aérées, d’orientation générale pour chacun des thèmes du programme.
Que le programme se veuille moins politique et s’ouvre à plus de faits économiques, sociaux, culturels, c’est vrai. Mais n’est-ce pas tout simplement tenir compte, dans une vision moderne de l’histoire, de la variété des faits qui composent la réalité historique d’une société ? Se vouloir plus «pluriel», n’est-ce pas de la même façon reconnaître le rôle que les Amérindiens et nos nombreux concitoyens issus de l’immigration ont joué et jouent dans notre histoire commune ?
De cette façon, l’histoire n’en sera pas moins nationale, comme le dit le sous-titre de l’article, puisqu’elle parlera de tous ceux qui composent la nation dans son espace québécois, mais elle pourrait être moins nationaliste, ce qui est autre chose.
Technorati Tags: éducation, ProgrammesHistoire, Québec, RéformesScolaires






Commentaires
Quelque chose à ajouter?